Paris, capitale mondiale de la médecine ?

Plus de 10 millions de patients accueillis chaque année, 100 000 professionnels dont 20 000 médecins et 250 salles d’opération : des chiffres impressionnants qui font de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) la plus grande structure hospitalière d’Europe.

Florence Veber

Florence Veber, directrice de la délégation aux relations internationales de l’AP-HP nous explique pourquoi la capitale représente une place forte de la médecine, reconnue au niveau mondial.

Comment expliquer l’excellence de Paris en termes de soins médicaux ?

Florence Veber : L’AP-HP représente la quasi-totalité de l’hospitalisation publique à Paris. Nos hôpitaux disposent d’équipes passionnées par ce qu’elles font et d’équipements de pointe, comme des IRM très spécifiques et plusieurs robots chirurgicaux. Cela contribue beaucoup à la grande qualité de la prise en charge des patients souffrant de pathologies graves. Cette excellence s’illustre aussi par le nombre important de premières médicales réalisées à Paris. Je pense bien sûr à l’implantation du 1er cœur artificiel bioprothétique Carmat à l’hôpital européen Georges-Pompidou en décembre 2013, et plus récemment en novembre 2017, à la greffe de peau réalisée pour la première fois sur 95% du corps à l’hôpital Saint-Louis. 

C’est l’association des compétences des professionnels de santé au sein d’une même équipe qui permet cette excellence. Enfin, Paris est une capitale très active sur le plan de la recherche : l’AP-HP est la première structure de recherche clinique en Europe, avec plus de 3 000 projets en cours, et elle se situe au 7ème rang mondial en termes de publications médicales. Or on sait que la recherche clinique invite à se remettre en question et à progresser en permanence.

Quelle est la place de Paris au sein de la médecine mondiale ?

Florence Veber : Paris accueille de très nombreux congrès médicaux internationaux. Citons par exemple l’International AIDS Society (IAS), la plus importante conférence scientifique sur le sida, qui réunit tous les deux ans plus de 6 000 professionnels internationaux pour débattre des progrès les plus significatifs. Par ailleurs, la Healthcare Week, grand rendez-vous de la santé piloté par la Fédération hospitalière de France, accueille chaque année près de 30 000 experts, décideurs et professionnels de santé du monde entier. En fait, de nombreux pays émergents sont à la recherche de l’expertise hospitalière française, conscients que la qualité de leurs hôpitaux n'est pas toujours à la hauteur. En 2017, nous avons ainsi reçu 40 délégations internationales qui souhaitaient comprendre comment fonctionnent nos établissements. 

En quoi le système médical français suscite-il l’admiration des pays étrangers ?

Florence Veber : Les délégations internationales sont d’abord frappées par l’accès aux soins pour tous, sans discrimination. Elles sont également étonnées de constater que les patients font confiance au système hospitalier public, alors que dans beaucoup d’autres pays, les plus aisés se font soigner dans le privé. Cela s’explique notamment par le niveau de la formation médicale française, avec un concours d’entrée parmi les plus sélectifs, sans oublier les quatre années d’internat où l’on confie des responsabilités aux étudiants au sein même des hôpitaux, une autre spécificité française reconnue à l’étranger. Enfin, l’organisation de notre service d’aide médicale urgente (Samu) force l’admiration : un numéro unique que tout le monde peut appeler, une équipe mobilisée en quelques minutes pour traiter les patients sur place et livrer un premier diagnostic. Toutes ces spécificités font la force de notre système hospitalier.


Article publié en 2018, mis à jour en juin 2019